Texte hommage à Cécile Bonneau (1930-2022)

Texte lu par Patricia et Johanne Cloutier (ses filles) lors de la célébration de son décès.

Maman

Dès son jeune âge, maman aidait ses parents Lumina et Georges dans les champs et surtout à la

maison. Étant parmi les aînés de la famille, maman s’occupait de ses sœurs et frères cadets.

Jeune fille, maman avait déjà beaucoup de talent avec ses doigts pour la couture, le tricot et le

tissage. Vers l’âge de 16 ans, maman prît un cours de métier à tisser et apprit comment monter

elle-même le métier en plaçant la trame et les fils pour obtenir les modèles de tissus désirés.

Dès lors, elle avait trois machines à tisser à la maison familiale et confectionnait des tissus pour

fabriquer des rideaux pour le gouvernement du Québec. Maman transportait elle-même ses

tissus à Québec et racontait qu’elle avait vu ses créations décorer les fenêtres d’un édifice du

gouvernement. Elle démontrait tellement de fierté quand elle nous racontait cela. De plus, avec

l’argent récolté de ce contrat, cela permit à la famille Bonneau de faire quelques travaux de

rénovation et d’obtenir une première salle de bain dans la maison.

Ses talents de couturière ont été utiles pour son mariage parce que c’est elle-même qui a

confectionné les robes pour sa mère et ses sœurs. Toutefois, les quatre mois de fréquentation

avec mon père ne lui ont pas laissé assez de temps pour faire sa propre robe de mariée. Par la

suite, c’est elle qui confectionnait nos vêtements, nos beaux manteaux lors de notre enfance.

C’était une femme dynamique qui avait beaucoup d’énergie. Elle était très fière de nous et nous

voulait habillés comme des petites cartes de mode, même si c’était seulement pour aller au

chalet.

Plus tard, après la naissance du bébé de la famille (Johanne), elle a commencé à travailler dans

le magasin pour la vente de vêtements et de rideaux. Elle faisait elle-même les calculs pour

déterminer la quantité nécessaire de tissus tout en minimisant les pertes. Maman avait aussi

bon goût pour la mode. C’est elle qui s’occupait de l’achat des tissus et des vêtements et qui

gérait son inventaire. Elle connaissait bien sa clientèle et savait ce qui leur plaisait. Elle possédait

alors les qualités d’une bonne commerçante.

Maman était bonne cuisinière et elle avait le bec sucré. Chaque fois qu’elle nous recevait, à la

maison ou au chalet, elle nous demandait ce qu’on voulait comme dessert. La plupart du temps,

ce n’était pas un, mais deux desserts qu’elle préparait. Et elle voulait que l’on goûte aux deux,

pas étonnant qu’on aime tant les desserts. Et elle a fait tellement de galettes dans sa vie, les

petits enfants en garderont un souvenir inoubliable.

Maman était une femme positive, fonceuse et voulait être autonome. Elle a appris à conduire

très jeune, d’abord le tracteur de ferme et ensuite la voiture de son père. Plus tard, elle était

fière de conduire son ski-doo. Elle était toujours partante pour faire de nouvelles expériences.

Sa force de caractère et son écoute nous ont bien servi dans notre éducation. Elle respectait nos

choix et nous encourageait à réaliser nos aspirations. Elle ne reculait pas devant les obstacles

mais cherchait plutôt à les surmonter. Elle nous a toujours encouragés à poursuivre des études,

même s’il fallait pour cela quitter la maison en étant assez jeunes. Elle était attentive envers

nous et n’hésitait jamais à nous aider en cas de besoin.

Maman était très sociable et avait beaucoup d’entre-gens. Elle aimait recevoir sa famille, ses

sœurs avec qui elle placotait beaucoup, ses frères, belles-sœurs et beaux-frères. Elle était

toujours enchantée de parler avec ses neveux et nièces. Elle s’est faite de bons amis, au chalet,

lors de ses activités de quilles et également lors de ses nombreux voyages en Floride.

Maman était aussi une femme résiliente. Elle a eu plusieurs enfants, c’est-à-dire plusieurs

accouchements, dont certains furent plus difficiles. Elle a subi également quelques grosses

opérations dans sa vie. Certaines furent critiques, au point où on a craint de la perdre par

moment. Mais chaque fois, elle se remettait et allait de l’avant. Elle était combative et faisait les

efforts pour retrouver la santé. Jamais on ne l’a entendu se plaindre. Non, elle était plutôt

reconnaissante de la chance qu’elle avait de retrouver la forme.

Et dans ses derniers jours de vie, elle appréciait et remerciait toujours les personnes aidantes

qui lui apportaient des soins. Très rapidement, elle a été prise en affection et aimée par le

personnel soignant de la résidence. Nous en avons été témoins.

En terminant, on peut affirmer que maman et papa ont vécu de belles années de bonheur. Ils

chérissaient leurs petits-enfants et en étaient très fiers. Ils nous ont transmis de belles valeurs,

l’amour et le soutien entre nous. Ils ont contribué à ce qu’on soit une famille unie et

respectueuse de chacun. Et ils y sont parvenus.

Nous vous remercions de votre chaleureuse présence parmi nous aujourd’hui, pour rendre ce

dernier hommage à notre mère Cécile. Merci.

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