Bonneauville

Par Gilles A. Bonneau, Willow Bunch, Sask.

Traduction par Gilles Bonneau, Ste-Foy, Qué.


Localisé dans un coin pittoresque et choisi en 1883 par le Père Pierre St-Germain O.M.I. dans le but d’y construire une chapelle et sa résidence de missionnaire, Bonneauville se situe au sud des Territoires du Nord-Ouest, aujourd’hui la Saskatchewan et à environ un mille et demi à l’est du village de Willow Bunch, «son successeur» aujourd’hui ! Sa localisation actuelle de ce qui en reste… est à quelques mètres au nord du cimetière catholique de St-Ignace-des-Saules qui fut inauguré en 1881et encore utilisé en 2001. La coutume de l’époque était de choisir un endroit à proximité de la première chapelle catholique pour servir comme lieu d’enterrement des fidèles défunts. De plus, le Père St-Germain se préoccupa de la présence d’une source d’eau abondante et potable pour les besoins de la future communauté.

 

Les Métis, nombreux dans ce coin de la Saskatchewan et bons catholiques, aidèrent spontanément à la corvée de la construction de la première chapelle. À partir des rives du lac Montague, ils transportèrent toutes les billes de bois nécessaires à cette construction pour être transformées en planches et en madriers par un moulin à scie improvisé sur place et en peu de temps, à la satisfaction et à la grande joie de tous, la construction se mit en branle. Au cours de l’année 1884, on inaugura une chapelle de 40 pieds de longueur par 20 pieds de largueur ; la partie supérieure servait au culte et le sous-sol comme lieu de résidence au prêtre résident. À l’automne 1886, Pascal Bonneau Sr qui était jusqu’alors un homme d’affaires prospère à Régina Sask. décida de s’établir dans cette partie sud des Territoires du Nord-Ouest. Il installa sa famille dans la Vallée de la Big Muddy à environ 16 milles à l’est de la nouvelle chapelle. 

 

Pascal Bonneau Sr était un homme connu et respecté de cette nouvelle communauté composée essentiellement de familles métisses. À Régina où il a fait sa marque, Pascal a employé plusieurs Métis dans le fonctionnement de ses entreprises et dans la construction du chemin de fer et des routes ; le Père St-Germain n’était pas étranger également à sa famille puisqu’il avait célébré la messe à quelques reprises dans sa demeure. Aussi, c’est grâce à sa notabilité et à son implication dans le milieu des affaires que le Shérif Gibson lui confia le corps de Louis Riel après sa pendaison le 16 novembre 1885. Donc, il est tout à fait concevable et particulièrement évident que le site où fut érigée la chapelle soit connu dorénavant comme «Bonneauville»…quelque temps après l’arrivée de Pascal Bonneau Sr et de sa famille. L’histoire retient que c’est surtout pour son amitié au peuple métis et de sa grande loyauté envers eux avant, pendant et après le triste épisode de Louis Riel, que ce site de pionniers fut ainsi nommé sans oublier également ses relations amicales avec le Père St-Germain.

 

Cette mission fut baptisée en 1886, St-Ignace, en mémoire du collège des Jésuites où le Père Pierre St-Germain avait fait ses études. À ce moment, cette vaste région des Territoires du Nord-Ouest connue aujourd’hui sous le nom de Willow Bunch était appelée «Talle de Saule» ou «Hart Rouge» par les Métis. Cette mission catholique fut connue par la suite et encore aujourd’hui comme la paroisse de St-Ignace-des-Saules.

 

Aux beaux jours de Bonneauville, plusieurs petits commerces et bâtiments se dressaient à côté de la chapelle: les magasins de Trefflé Bonneau et de McGregor Rapelje ; la salle de billard de Fred Bird ; la boucherie de Constantin Angé ; le restaurant de François Currat ; une école catholique où ont enseigné, Joseph Lapointe en 1886 et Antonia Granger en 1899 ; les bureaux du premier agent des terres, Prudent Lapointe en 1901; un poste pour la Gendarmerie Royale (N.W.M.P.) en 1886 avec le sergent J.A. Martin ; un bureau de postes avec Pascal Bonneau Sr en 1896 et plusieurs maisons de Métis. Il semble que l’année 1899 marqua le début des discussions cherchant un nouveau site pour le village et le commencement de la fin de Bonneauville…Malgré les objections du Père St-Germain, des circonstances incontrôlables ont fait qu’au printemps 1905, la chapelle fut démolie et le bois récupéré pour bâtir un presbytère sur le nouveau site choisi. L’année suivante, on construisit une magnifique église près du presbytère et tranquillement, Bonneauville se vida de ses résidents. On retrouve dans les archives encore des traces d’activités commerciales au magasin de Trefflé Bonneau en 1917- 1918 mais sa fermeture entraîna Bonneauville dans le grand livre de l’histoire…Hélas aujourd’hui, il n’y a aucune plaque ni monument commémoratifs à cet endroit indiquant le souvenir et le passage de toute une génération de valeureux pionniers de l’Ouest canadien.


Informations glanées de: History of Willow Bunch 1870-1970 et Poplar Poles & Wagon Trails 1998. 

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